Voici quelques jours, Fortis Holding publiait des résultats plus ou moins rassurants pour ses actionnaires. Pour rappel, la session de Fortis Bank à BNP Paribas avec un fameux Badwill, la maison mère de Fortis, le « Holding », s’était retrouvée propulsée seule sur une île quasi déserte : l’entreprise désossée ne se limitait plus alors qu’à un peu de cash, beaucoup d’actifs « toxiques » et 75% des activités d’assurances, petit os à ronger qui avait « gracieusement » été octroyé aux actionnaires.Rehaussement de l’Image
A l’époque, d’aucuns ne donnaient pas cher de la peau de ce cher Holding : mal géré, trop de créances, trop d’actifs douteux, perte d’image de marque d’où retrait massif de clients, etc. Pour ces oiseaux de mauvais augure, la faillite du Holding n’était qu’une question de mois.
Faisant fi de ces prédications, le Holding a tant bien que mal tenté de stopper l’hémorragie, en commençant par s’attaquer à la racine du mal : il fallait changer le plus vite possible le nom « Fortis Insurance ». C’est ainsi que le bébé de Bart De Smet a été rebaptisé « AG Insurance« , baptême suivi d’une campagne de communication et de relations publiques pour réappâter le chalant candidat à une assurance quelconque. Alors, efforts payants ou coup dans l’eau?
De nouveau en bénéfice
En tout cas, au premier semestre 2009 le Holding a renoué avec les bénéfices, puisque son département assurances affiche un compte positif de 228 millions. Le bénéfice total du groupe est même de 886 millions mais il s’agit d’un bénéfice dopé artificiellement par des revenus exceptionnels, comme les capitaux apportés par BNP Paribas pour l’achat de 25% de AG Insurance.
Les capitaux propres du Holding s’élèvent ainsi à 7,7 milliards, dont 301 millions sont éventuellement à déduire, selon l’issue de l’action au Fond entamée par Fortis Capital Company, aux Pays-Bas.
Les projets futurs
Au niveau des projets, le management avait émis l’idée d’un rachat d’actions propres pendant la très houleuse dernière Assemblée Générale. Dans le communiqué sur les résultats, aucune mention n’est faite de ce rachat, ni sur le montant du futur dividende, confirmé pour l’exercice 2009 (donc payé en 2010).
Comme beaucoup de banques-assureurs, Fortis Holding est malgré tout une des actions du Bel20 qui a le mieux performé depuis son plancher d’octobre 2008 (0,56€). Elle a en effet repris presque 600% depuis. Alors faut-il passer à l’achat sur cette valeur? Pour nous, trop d’incertitudes, un potentiel trop restreint et un PER trop haut pour le secteur « assurances » (nous l’estimerions entre 12 et 14 pour 2009) nous retiennent d’investir dans cette société.
Par contre, ceux qui possèdent déjà des actions, surtout ceux qui ont intentés des actions judiciaires via l’avocat Modrikamen ou Deminor, peuvent, et c’est même souhaitable, conserver leur position. En effet, vu les cibles de ces cabinets pour les dommages et intérêts, l’issue positive ou négative du procès n’aura aucune incidence sur le cours.
Si, par contre, l’action au Fond mène à l’annulation totale de la vente à BNP Paribas, le cours bondira. Mais cela, c’est de la spéculation pure et simple…
Article écrit par Nathanaël, Dividende.be ©
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