Financial cocktail : analyse de Nyrstar

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Financial cocktail : analyse de Nyrstar

Messagede FAUCHE » Mar 2 Fév 2010 21:33

http://dividende.be/wp-content/uploads/2009/10/nyrstar-300x200.jpgNyrstar (BE0003876936) est une société cotée à la bourse Nyse Euronext de Bruxelles depuis octobre 2007. Son site Internet, www.nyrstar.com est très bien réalisé et est trilingue, français, néerlandais et anglais, ce qui est assez rare, et grouille de découvertes inattendues sur le métier de Nyrstar. Sans jeu de mots, c’est une mine de renseignements pour l’investisseur.

Durant le Financial Cocktail ce 20 octobre, l’orateur qui présente Nyrstar est Monsieur Roland Junck, CEO de la firme. Sa présentation est presque parfaite. Le ton est juste un rien trop bas, la faute au micro sans doute. Cela a l’avantage de signaler immédiatement les durs d’oreilles dans mon genre, le geste en cornet vers notre appendice auditif étant significatif. Malgré tout, ça n’enlève rien à la clarté et à l’intérêt du discours.

Que fait Nyrstar

C’est le premier fondeur de zinc de la planète avec 1.1million de tonnes en 2008. C’est aussi un fondeur de plomb majeur, avec 240.000 tonnes. Nyrstar traite également des quantités non négligeables d’argent, d’or, et de cuivre

Dans la présentation, les éléments suivants ont attirés spécialement mon attention:

- il y a ce que Nyrstar « faisait ».
- il y a la « crise » (ce n’est pas un scoop).


En réalité, à partir de fin juin 2008, le cours boursier de Nyrstar suit un tracé parallèle au cours du zinc en USD par tonne. Nyrstar achetait en fait le zinc et facturait à ses clients le prix du zinc + le prix du raffinage. Ils étaient donc tributaires de la baisse du cours du zinc sur leur chiffre d’affaire. La baisse de la demande et l’augmentation des stocks mondiaux à cause de la crise économique avaient donc des conséquences dévastatrices. Même en cas de reprise, le cours du zinc augmenté des coûts de raffinage mèneraient à une situation catastrophique.

- il y a ce que Nyrstar a modifié pour remédier à cela.

C’est là que nous observons à quel retournement de situation la bonne gestion, l’audace et la maîtrise industrielle peuvent mener. En effet, Nyrstar a fait le pari de peser sur la quantité produite et cette mesure décisive a stabilisé le prix du zinc. Ces réductions de production ont donc contribué à résorber le déséquilibre entre l’offre et la demande, puisque les stocks on cessés d’augmenter. Nyrstar a ainsi créé une situation idéale qui permettra un redressement des prix. Cela jouera bien entendu sur les marges pour les rendre ainsi commercialement acceptables. Le contraste est violemment positif lorsque on examine la situation précédente.

Pour atteindre les objectifs de rentabilité, en plus de ces changements radicaux, Nyrstar s’est aussi fixé un objectif de réduction des coûts annuels de 75 millions d’euros d’ici la fin 2010. Celui-ci comprend les points suivants :

1. réduction de personnel : 500 personnes d’ici fin 2010 (15% du personnel) = 30 millions d’économies
2. réduction d’autres coûts : principalement basées sur les techniques de raffinage et leur mise au top = 45 millions d’économies
3. stratégie d’avenir : Nyrstar a acquit, par le biais d’une obligation convertible, les moyens financiers de saisir des opportunités d’achats dans le secteur minier.

Concernant ce dernier point, la société fait actuellement son shopping en tenant compte d’une donne compliquée :

- la fin de vie pour plusieurs mines de Zinc.
- la chute des cours a provoqué un manque d’investissements dans ce secteur.
- de nombreuses mines de zinc sont proches du dépôt de bilan.

Nyrstar possède l’expertise des raffinages du zinc, plomb, cuivre, argent, or et possède également le plus gros portefeuille client « zinc » du monde. La solution est donc d’une simplicité enfantine : il s’agit simplement de raffiner les matières premières dont Nyrstar est devenu propriétaire, facturer séparément à leur client le prix de leur spécialité, le raffinage, et ajouter une ligne de facturation en vendant le zinc au prix du cours avec une marge fixe.

Les acquisitions récentes

- Gordonsville. Mines de zinc achetées en mai 2009 au Tennessee, aux USA.
- Gisement de zinc de Citronen, au Groenland.
- Mine de Coricancha, au Pérou.

Il faut également souligner que la production de Nyrstar était prodigieusement énergivore et polluante. Les efforts qui ont été fait à ce niveau sont remarquables. Partant de « machine à produire du Co2″, ils sont devenus « tolérables » et se dirigent vers le « remarquable ».

Mon analyse d’investisseur

En fait Nyrstar s’installe dans un business qui correspond à peu près à ceci : caillou – lingot – tiroir caisse.

Cette société, son management et ses produits me satisfont. Dans un contexte fiévreux de crise historique, ils sont venus, ils ont vu et il ne reste plus qu’à vaincre. Par contre, les investisseurs manquent manifestement d’informations sur la cuisine interne de Nyrstar, quelle frilosité de leur part!

Sauf nouvelles acquisitions et au rythme actuel de production et de capacité d’extraction des mines, Nyrstar serait tranquille pour minimum un demi-siècle.

Concernant l’action, elle est bon marché, le besoin de zinc est là, le stock de la matière première diminue, le cours du zinc augmente. Ai-je oublié quelque chose… non, alors, à vos carnets d’ordres !

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